La légende continue :
Pendant longtemps, très longtemps, nul ne vit le Serval. Cependant, il ne restait pas inactif pour autant. La rumeur de ses actes, de ces meurtres vengeurs se répandait de villes en villes, de bourgs en bourgs. Il ne passait un jour sans que, au fil de son chemin, un brigand ne fût lacéré ou qu'on ne trouva un félon châtié. Le Chevalier était craint partout, mais respecté. Il n'avait cure des bonnes gens qui n'avaient rien à ses reprocher, du peuple opprimé qui, toute l'année durant devait économiser pour pouvoir survivre.
Un jour, il se rendit au port pour voyager vers le Sud, se ressourcer et apprendre de nouvelles choses. Trois ans durant, il voyagea. Plus personne n'avait entendu parler de lui depuis. Les rois et les félons, allégés de cette contrainte, en profitèrent pour faire peser encore un peu plus leur joug sur les peuples. La situation des hommes et des nains était catastrophique. Et, il en était de même dans toutes les civilisations. Les elfes, écrasés par l'autorité des magiciens humains, quittèrent le monde des hommes et se réfugièrent dans les forêts denses. Là, il pouvaient donner libre cours à leur magie naturelle qui, il y a bien longtemps avaient donné naissance à celle de hommes, si puissante aujourd'hui. Les elfes ne se montrèrent plus aux hommes, ni aux créatures mauvaises. Ils se consacrèrent à l'étude des arts, de la magie et de nouvelles techniques de combats.
Plus tard, le chevalier du Serval revint sur le vieux continent. Il était rempli de magie, et en maîtrisait même les bases. Durant son voyage, il avait fait d'énormes progrès dans l'art des armes et une impression étrange de puissance venait de lui. Trois ans durant, il avait été guidé par un oiseau, un rapace qui ne craignait rien en ce bas monde. Il l'avait sortit de bien des situations périlleuses. En quelques jours, une solide amitié s'était nouée entre lui et l'oiseau qui semblait comprendre toutes ses joies et ses bonheurs comme l'aurait fait un frère ou un père.
Il visita un village pour renouer avec son peuple.Dépité à la vue de tant de misère humaine, il partit prier ses dieux dans la grande forêt de Firontain. Il demanda à Babel, son Dieu natal, une réponse à ses questions. Comme pour satisfaire à sa curiosité, un rayon de soleil donna dés cet instant sur une cascade qui se situait près du l'autel qu'il avait dressé en l'honneur du Dieu des glaces et des eaux. Il alla se baigner et réfléchit à la cause de cette indication. Soudain, il comprit. Il y avait un passage derrière la chute d'eau. Il se rhabilla, pris ses armes et son pendentif et plongea sous le rideau d'eau.
Il refit surface, quelques mètres plus loin. Une grotte creusée dans la du diamant lui faisait face, imposante. Il rentra, confiant. La salle qui suivit était sombre, mais il n'alluma pas sa torche : il n'en avait pas besoin. En effet, il avait apprit à maîtriser sa vue lors de longs entraînements. D'où il était, il distinguait nettement un passage, presque un chemin qui se situait à quelques mètres de lui. Il fit un pas mais s'arrêta net. Quelque chose avait attiré son attention, derrière lui. Son impression fut bientôt confirmée par un craquement situé à sa gauche. Il se concentra et écouta : plus rien. Il décida d'avancer, faisant, comme souvent confiance à sa fée protectrice, Tebaeda.
Il fut pris d'un sentiment étrange. Cette fois il avait nettement vu quelque chose. La bête était d'une taille totale de quelques mètres, trois ou quatre peut-être. On aurait dit un gros chat avec deux ailes fines et longues. Soudain, il sentit un souffle dans sa nuque, il y avait une deuxième créature. Il réagit aussitôt. Il prépara un carreau et visa la première bête. Le trait fit un bruit de brindille cassée sur le diamant. Le chevalier était pourtant sûr : la bête aurait dû se trouver à ses pieds, mourante. Pourtant, il n'en était rien, les deux animaux commencèrent à décrire des cercles autour de l'aventurier qui rangea son arbalète de poing à sa ceinture : il allait devoir les affronter en corps à corps.
Les monstres continuaient à tourner autour de lui, inlassablement. D'un coup, le Serval s'élança pour frapper un de ses adversaires mais de nouveaux, son arme manqua son but. Puis, il sentit une énorme frappe sur son dos. Il se retrouva à terre, sans avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Son bouclier gisait, cassé en milles morceaux. Il lui avait sauvé la vie. Le chevalier comprit deux choses : la première : les ailes des créatures n'en étaient pas. Il s'agissaient de longues tentacules qui finissaient en plaques ornées d'une multitude de petites cornes toutes plus acérées les une que les autres. La deuxième : les créatures ne cherchaient pas le combat rapproché, elles préféraient éviter ses attaques pour ensuite lui envoyer leurs fouets diaboliques. La partie s'annonçait serrée pour l'homme sans plus la moindre défense.
Jamais encore il n'avait lutté contre de tels monstres. Il avait combattu des centaures, tués de nombreux trolls faciles à capturer en raison de leur intelligence dérisoire, mais là, s'était différent. Ces bêtes étaient plus rapides que lui et bien plus intelligentes que les trolls. Il sentit un nouveau coup lui déchiré l'épaule gauche. Heureusement pour lui, il était droitier. Il se rappela tout à coup une technique d'un serpent qu'il avait observé pendant quelques jours. Pour appâter ses proies ou pour se défendre, celui-ci faisait le mort. N'ayant plus rien à perdre, le jeune homme se preta à ce jeu. Il se coucha, comme succombant à ses blessures, et agonisa pour une mort digne de ce nom. Il attendit quelques minutes tout en retenant sa respiration pour simuler parfaitement sa mort. Petit à petit, la plus curieuse ou la plus téméraire des deux bêtes s'approcha de lui. Un pas, d'abord. Puis deux. Et enfin, elle vint le renifler. Perdant toute prudence, elle vint secouer l'homme comme pour s'assurer de sa mort. Ensuite, elle poussa un grognement et l'autre monstre accouru en vue de ce repas bien mérité.
En un bond, le chevalier atteignit la bête la plus proche et monta sur son dos. Il lui coupa ses tentacules d'un coup d'épée et se servit d'une d'entre elle pour en faire une sorte de mord. Le monstre, affolé, essaya de désarçonner le garçon, mais il tint bon. L'autre créature, étonnée de cette attaque inhabituelle, ne fit pas un geste pour esquiver le geste mortel qui envoya rouler sa tête près de l'entrée. Les nerfs firent quelque peu bouger son corps mais elle finit par s'écrouler. Toujours sur les dos du monstre, le chevalier faisait de son mieux pour rester le plus stable possible, mais folle de douleur, la bête fit un saut prodigieux qui plaqua l'humain sur la paroi de a grotte. La bête s'élança et sauta sur sa proie. A moitié assommé, le Serval n'eu que le temps d'esquiver le bond au dernier moment tout en plantant son épée sous la bête. Il roula à proximité et se releva, près à vendre chèrement sa peau. Mais quand il vit la bête, il poussa un soupir de soulagement. En effet, la créature était empalée sur son arme et finissait sa vie en quelques horribles gargouillis tandis que le sang finissait de couler par sa gueule.
Meurtri mais victorieux, le chevalier retira son épée du ventre de la bête et la traîna le long du couloir pour aller voir dehors de quoi il s'agissait. La créature ressemblait vraiment beaucoup à un gros félin, si ce n'est qu'elle possédait six pattes et deux longues tentacules. Sa peau était recouvertes de poils couleur nuit maculés par les taches de sang qui jonchaient son corps. Soudain, il reçu un énorme coup à la tête et aperçu des elfes avant de sombrer dans l'inconscience.
Il se réveilla attaché sur un lit à baldaquin. Il souffrait d'un mal de crâne phénoménal mais il s'aperçu que ses blessures avaient été soigné es. Il se trouvait dans une belle pièce garnie de runes anciennes dont les murs en pains dégageaient une impression fantastique de paix et de sérénité. Tout à coup, il entendit des pas. Quelqu'un approchait.
Un vieil elfe lui adressa la parole : - Bonjour à vous, Wandoë, j'espère que vous avez bien dormi ?
La réaction du jeune homme fut immédiate : personne ne l'avait appelé ainsi depuis la mort de ses parents.
-Comment savez vous mon nom ? Le vieil elfe parut offensé et pris une mine un peu attristé.
- Ainsi tu ne me reconnais donc pas ? Cherche un peu, allez. L'elfe avait quelque chose d'étrangement familier dans son regard. Soudain, il comprit.
-L'oiseau, vous êtes l'oiseau ! Le visage du vieux sage d'éclaira.
-Il a l'esprit vif, ce garçon ! Et alors que fais tu chez les elfes, mon enfant, et comment as-tu réussi à te débarrasser et à tuer nos bêtes éclipsantes ?
-Ah parce que ces charmantes bêtes sont VOS créatures ?
-He oui, elles sont le résultat d'expériences qui ont mal tournées. Les bêtes ont grandit, se sont développées et sont devenues de plus en plus puissante. Elles on tué plusieurs guerriers qui essayaient de les maîtriser... Enfin, là n'est pas la question, que viens tu faire en cette forêt, Wandoë ?
-Je suis ici parce que Babel m'y a envoyé. Pour faire quoi, je ne sais encore mais je sais que j'ai bien fait de venir ici.
-Très bien, tu es ici chez toi, fais ce que tu veux, tu es mon invité.
Wandoë passa six mois chez les elfes. Il leur apprit la sagesse des sorciers africains, eux lui enseignèrent des rudiments de magie qui lui seraient bien utiles en combat, comme le sort de peau de pierre, par exemple. Il apprit aussi le langage raffiné des elfes ainsi que leur histoire. C'étaient les seuls être vivants, en dehors des dragons s'ils existaient toujours, qui avaient connu les dieux. Ils en tiraient une immense fierté et ne manquaient pas de le rappeler aux débuts de leurs conversations.
-Quand les dieux étaient encore parmis nous, ... Wandoë n'aimait pas la sagesse excessive avec laquelle les elfes régissaient leur royaume, cependant, il la respectait et l'admirait. Seulement, il était jeune et un peu fonceur, donc il n'en prenait pas souvent compte. Il quitta le petite communauté en promettant de revenir un jour. L'oiseau, tel qu'il l'avait surnommé, lui avait fait beaucoup de recommandations et lui disant que, s'il avait un problème, il serait toujours là. Ils se quittèrent à l'aube, le jour du drame.
Ce jour là, le soleil ne s'était pas couché. Il avait fait beau et relativement chaud. Les ruisseaux s'étaient arrêtés de couler en surface. De nombreux petits animaux moururent ainsi que de jeunes enfants. Les ras sortirent de leurs cachettes, les oiseaux quittèrent le pays pour des cieux plus cléments. Il ne restaient plus dans les forêts, que les animaux malades, trop vieux, trop jeunes pour survivre. Le bétail courait en tous sens, affolés et piétinaient les malheureuses bêtes trop faibles pour continuer à courir. Les hommes auraient du se douter que quelque chose de grave allait arriver.
Des hordes de monstres envahirent la petite île des Terres Arides. Ils mirent tout à sac. Sous la conduite de quelque démons, il luttaient tant et si bien que personne ne pût leur résister. Les derniers hommes rendirent les armes peu après. Seule la cité où s'était réfugié Wandoë était encore debout et les derniers hommes libres de l'île résistaient à un nombre incroyablement élevé de légions démoniaques. Wandoë s'en fût trouver le Capitaine de la Cité et proposa de d'occuper de la Bataille. Mais le Blason qu'il portait à son poitrail était de par trop craint en ces terres arides. Les Pontes et tristes personnes qui dirigeaient la cité organisèrent une rixe ou Wandoë tomba. Il fût transporté en secret juqsqu'en haute mer où l'on y abandonna dans une barque, sans voile, sans vivres.
Il se réveilla bien plus tard alors que le soleil brillait de milles éclats et qu'aucunes côtes ne fut en vue. Il resta, à délirer et à dériver de nombreux jours quand l'Oiseau vint à son secours. « Mon jeune ami, je te reconduit vers le Sud, en ta Terre natale, tu as, là de grandes choses à accomplir. » Il reprit sa forme humaine et guida la barque pendant de nombreux jours vers des Terres inconnues, trop lointaines de toutes civilisations. « Les Terres brûlées d'Argor ». Là, il abandonna le jeune homme et retourna près des siens.
Wandoë qui avait comme rêvé ces moments, reprit ses esprits et marcha longtemps. Il arriva dans un bâtiment, une espèce de cabane faite de terre et de pailles où il se reposa tant et si bien qu'il dormit 10 jours. A son réveil, il fut surpris de trouver une masse de gens qui, tout de peaux vêtus, semblaient se livrer à une procession. Le Shaman s'écria : « L'Envoyé, l'Elu de Babel est parmi nous ! » Faites lui accueil et grande fête ! Sous le commandement du Shaman, Wandoê fût sacré frère de sang de Josihân, le plus grand sorcier de l'île afin que la puissance fut assemblée dans une même famille. Les réjouissances durèrent longtemps, très longtemps, suite à quoi, Wandoë fut investit d'une mission sacrée dont seul lui et Babel connaissent la teneur.
Comme les rituels l'indiquaient, Wandoë fut invité à démontrer sa force et son courage et, aidé de Babel, il triompha de tous les guerriers. Il fut donc considéré dés ce jour là comme Chef. Comme le voulait la coutume, il choisit un Totem et créa son Clan afin de courir le monde pour l'accomplissement de la mission. Il choisit les plus vifs, les plus forts et les plus intelligents d'entre eux, aussi bien des hommes que des femmes et ils partirent, loin de leurs origines... Ainsi fût créé le Clan du Serval, suite au voyage impossible de Wandoë et grâce au concours de Babel, un nouveau Clan fut créé et il était appelé à une noble destinée.